Ravenstejn

La Loi Et L’Ordre

31 octobre 2008 à 1:42 par Luc

Malgré mon statut d’étudiant en cinéma, j’ai trop rarement l’occasion de « me faire une toile ». Pour une fois que je réussis à me trainer jusque dans un cinéma, je pense me faire plaisir en choisissant une sympathique confrontation d’acteurs mythiques dans un film policier, un truc qui promet quoi. Malheureusement il n’en est rien tant on a l’impression d’avoir été filouté à la sortie de la salle.

Encore une traduction de titre à deux balles... Righteous Kill était nettement plus juste.
Encore une traduction de titre à deux balles… Righteous Kill était nettement plus juste.

Pour la petite histoire, dans ce film on suit les inspecteurs Turk (Deniro) et Rooster (Pacino), deux vieux flics qui enquêtent sur un tueur justicier qui flinguerait les coupables que la justice n’a pas su châtier. Malheureusement il se pourrait qu’il s’agisse également d’un flic. Cette intrigue déjà vue et revue mille fois semble avoir été vendue comme la particularité du film (en plus du couple phare) mais force est de constater que ça ne suffit pas à rendre le film original, ni même très intéressant.

On constate déjà lors de la première demi-heure que le film est construit n’importe comment. Les scènes s’enchainent les unes après les autres sans raccords particuliers, sans vraiment d’intérêt non plus. Et comme la mayonnaise ne prend pas et qu’une bonne partie des références sont incompréhensibles, bah on attend que ça passe et que ça devienne intrigant. En vain.

Heureusement qu'il n'ont pas choisis cette affiche beaucoup plus classe que l'autre, on serait tombé dans la publicité mensongère.
Heureusement qu’il n’ont pas choisis cette affiche beaucoup plus classe que l’autre, on serait tombé dans la publicité mensongère.

Mais s’il n’y avais que la construction du film qui était bancale, ça pourrait encore passer, mais ce n’est pas le cas, parce que c’est bien beau d’avoir Pacino et Deniro, mais encore faut-il leur donner des rôles. Ici on tombe dans les clichés des flics qui se sortent continuellement des insultes pourrissant tous les dialogues à coups de « fils de putes » et autres « bites » bien placées. On se croirait devant les dialogues d’un film amateur fait par un fan abruti de Tarantino, qui mettrait de la vulgarité et de la violence pour mettre de la vulgarité et de la violence. En bref, un ensemble bien terne que ne relève pas la prestance des deux piliers du film.

Parce que ce n’est pas tout, puisque le scénario, syndicaliste passionné, décide ne ne pas abandonner ses camarades construction, dialogues et montage en les suivant dans leur médiocrité. On nous pose des bases rapides que tout bon spectateur peut utiliser pour aller au bout du film en 1/4 d’heure, ce qui est tout de même décevant. Et comme on a tout de suite compris qui c’est qui est le méchant monsieur, bah on s’emmerde encore plus pendant l’enquête, ce qui est un mauvais calcul pour un film policier.

Attention je vais spolier légèrement le scénario et peut-être même parler de la fin, alors faites attention !

- Et là bah on a déjà tout compris au film - Ah merde ! C'est con ça... - Bah oui...
- Et là bah on sait déjà que c’est lui le méchant. – Ah merde ! C’est mal foutu quand même…

ATTENTION SPOIL !

Dès le début du film on voit Deniro raconter devant une caméra qu’il a tué des gens et qu’il aime ça. On reçoit d’ailleurs plus de détails le long du film, avec des flics qui regardent cette vidéo. Mais si on réfléchit, on a jamais le méchant du film dès le début dans ce genre de film, et même si on espère naïvement que le film est un minimum couillu et que ce sera vraiment le méchant, bah des petits détails censés nous cafouiller la tête produisent l’effet inverse: C’est pas lui, donc ça ne peut être qu’une personne, son coéquipier. Et voilà tristesse. Comment s’ennuyer pendant environ 2h.

FIN DU SPOIL !

- On aurait peut-être du en rester à Heat tu crois pas ? - C'est vrai qu'on a l'air con ici...
- On aurait peut-être du en rester à Heat tu crois pas ? – C’est vrai qu’on a l’air con ici…

Malgré tout le film garde quelques cotés positifs. Même si il est mal fait, on ne s’ennuie pas pour autant et le film fait bien passer le temps. Quelques rares répliques valent le détour et puis ça fait longtemps qu’on avait pas vu Pacino. La scène finale est également un bijou ludique. Je m’explique: il s’agit d’une scène assez ambitieuse au niveau de la lumière. Mais ambitieuse ne veut pas dire réussie, alors pendant quelques minutes on peut s’amuser à compter les faux raccords ! Comme quoi Jon Avnet pense aussi aux gens qui n’aiment pas son film !

Vous l’aurez compris, La loi et L’ordre est un film à éviter parce que mal construit, sans originalité et aux dialogues ternes et vulgaires. Pour ceux qui seraient toujours intéressés, vous ne vous ennuierez pas pour autant, et vous pourrez peut-être me rapporter votre décompte de faux raccords, moi je m’y suis mis trop tard, je n’ai pu en compter que 5 sur une minute.

- Encore un film mutilé... - Tu trouves pas qu'il y en a de plus en plus ?
- Encore un film mutilé… – Tu trouves pas qu’il y en a de plus en plus ?

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